Vers un record d’embauches de cadres en 2022 ?

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2022 : Le recrutement de cadres en pleine expansion

Suite à la baisse du taux d’embauche lors de la crise sanitaire de la COVID-19, les volumes prévisionnels d’embauche de cadres sont repartis de plus belle. Selon l’APEC, l’année 2022 devrait ainsi être une année record. Cependant, cette bonne nouvelle est nuancée par l’organisation, qui alerte sur le fait que cette intensification du marché ne bénéficie pas à toutes les catégories, ou encore sur le risque de « grande démission ».

Les chiffres de l’APEC

En 2021, le niveau d’offres d’emploi cadre a retrouvé celui d’avant-crise. Selon l’APEC, ce sont les secteurs de la santé, de l’industrie-pharmaceutique et de l’immobilier qui recrutent de plus en plus de cadres entre 2019 et 2021. En revanche, sur la même période, nous constatons une baisse de ces offres d’emploi cadre dans les secteurs de l’automobile-aéronautique, du conseil et gestion des entreprises, et de la communication-médias. Cependant, la confiance globale des entreprises en termes de recrutement de cadres se maintien en ce début 2022. 

Ces intentions de recrutement sont surtout menées par les grandes entreprises lors de ce premier trimestre. Ainsi, cette dynamique positive qui a débuté mi-2021 devrait nous conduire à une année record, largement au-dessus du record de 2019 de 280 000 recrutements. Les besoins en compétences cadres sont aujourd’hui toujours plus importants. 

La pénurie de talents

En décembre 2021, presque 80% des entreprises anticipaient leurs recrutements de cadres comme difficiles dans les 3 prochains mois. Parmi ces difficultés, celle en tête est le manque de profils disponibles sur le marché pour 87% des entreprises. S’en suivent le décalage entre les candidatures reçues et le profil recherché ainsi que la concurrence des autres employeurs sur les mêmes profils qui représentent chacun presque 50% des difficultés rencontrées. Enfin, de manière plus modérée, mais bien présentes, les difficultés des prétentions salariales des candidats, le manque d’attractivité du territoire et de notoriété d’une entreprise intensifient également cette pénurie de talents. Ainsi, en 2021, ¼ des entreprises ont dû abandonner un projet de recrutement faute de candidat(e)s.

A cause de cette pénurie de talents, les entreprises sont donc contraintes de faire des concessions sur le profil recherché. Parmi ces concessions, les deux plus fréquentes sont un candidat n’ayant pas toutes les compétences techniques requises (44% des entreprises) et ayant moins d’années d’expérience que prévu (40%). Ensuite, avec presque 30% chacun, ce sont des candidats n’ayant pas l’expérience managériale nécessaire ou ayant plus d’années d’expérience que prévu qui sont privilégiés. Enfin, les entreprises renoncent dans 24% des cas au type ou au niveau de diplôme recherché.

Les seniors et les jeunes diplômés mis à l’écart

Les jeunes diplômés

En 2020, une chute de -26% des recrutements de jeunes diplômés sur des postes de cadre a été observée. Il s’agit d’une diminution globale de 19% qui pourrait ne pas être rattrapée par rapport à l’année 2019. Lors de la crise sanitaire, l’APEC nous confirme constater un « effet d’embouteillage » entre les promotions 2021, 2020 voire 2019 qui n’ont pas encore trouvé un emploi. En effet, le taux d’emploi des jeunes diplômés d’un BAC+5 de la promotion 2019 était de 69%, contre 85% en 2020, 12 mois après l’obtention de leur diplôme.

Ainsi, les jeunes diplômés des QPV ou issu de certaines disciplines de formation pourraient demeurer fragilisés dans leur primo insertion.

Les cadres seniors de 55 ans et plus

Lorsqu’ils sont encore en poste, les cadres seniors sont mis sur un piédestal pour leur expérience et leur niveau d’expertise. Cependant, 2 cadres seniors sur 3 se sentent menacés par le risque de licenciement, et les trois-quarts doutent de leur capacité à rebondir en cas de perte de leur emploi. En effet, les entreprises ont plus tendance à embaucher un candidat avec un nombre d’années d’expérience réduit plutôt que l’inverse. 

En janvier 2021, on dénombrait plus de 700 000 demandeurs d’emploi de cadre inscrits à pôle emploi, dont 16% d’entre eux avaient plus de 55 ans. Parmi ces derniers, 6 sur 10 sont demandeurs d’emploi de longue durée dont 1/3 le sont depuis plus de 2 ans.

Pourtant, de nombreux cadres seniors sont prêts à faire des concessions dès le début de leur recherche d’emploi. Parmi eux, ¼ sont prêt à faire des concessions sur leur salaire et/ou sur le temps de transport. Le secteur (37%) et le type de contrat (42%) sont les deux facteurs les plus remis en question par cette catégorie de demandeurs d’emploi.

Les aspirations des cadres en 2022

En 2022, chez les moins de 35 ans, la mobilité est au goût du jour. Plus de 40% d’entre eux ont d’ailleurs déjà entrepris des démarches pour répondre à cette aspiration au cours de 2021. De plus, les envies de reconversion, particulièrement pour les moins de 35 ans, ont explosé depuis la crise sanitaire : 42% d’entre eux ont eu envie d’entamer une reconversion professionnelle.

Ensuite, ce serait près de 4 cadres sur 10 qui seraient prêts à quitter le salariat, et plus de la moitié qui envisageraient de quitter le secteur privé. L’importance du statut de cadre semble également diminuer dans l’esprit des salariés avec ce statut aujourd’hui : près de 4 cadres sur 10 seraient prêts à y renoncer.

Ainsi, pour attirer un cadre en 2022, il faudra s’aligner sur les attentes salariales. Ce facteur constitue, devant une meilleure proposition, la principale raison pour laquelle les cadres refusent un poste. Enfin, les cadres réclament aujourd’hui du télétravail, qui constitue un frein pour les candidats s’il n’y en a pas. En effet, 47% des cadres sont réticents à rejoindre une entreprise qui ne propose pas de télétravail, tandis que seulement 22% des entreprises estiment que c’est un réel frein à l’embauche.

Pour conclure, les besoins en compétences cadres sont aujourd’hui toujours plus importants. Cependant, la pénurie de talent et la mise à l’écart de catégories de demandeurs d’emploi amènent le marché en tension. Les entreprises, voulant habituellement des moutons à 5 pattes, sont contraintes de revoir à la baisse leurs exigences.

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